Le système de justice pénale du Canada est stressé et approche du point de rupture, selon un sondage mené auprès d’agents et agentes de libération conditionnelle par le Syndicat des employé-e-s de la Sécurité et de la Justice du Canada

16 mai 2019

OTTAWA (16 mai 2019) – Un sondage national mené auprès d’agents et agentes de libération conditionnelle canadiens par le Syndicat des employé-e-s de la Sécurité et de la Justice (SESJ), organisme de la fonction publique fédérale, révèle que le système correctionnel du Canada est stressé et approche du point de rupture - la majorité des répondants affirmant que leurs conditions de travail les empêchent d’évaluer, de superviser et de préparer convenablement les délinquants à leur retour dans la société en toute sécurité.

Le grand nombre de cas de délinquants, le manque chronique de personnel et les changements importants apportés aux programmes et aux services correctionnels dans les établissements fédéraux et les collectivités sont mentionnés comme présentant des défis insurmontables pour la gestion des risques liés aux délinquants.

Plus des deux tiers (69 %) des agents et agentes de libération conditionnelle interrogés s’inquiétaient de ne pas être en mesure de protéger suffisamment le public en raison de leur charge de travail actuelle. La grande majorité (92 %) ont convenu qu’une augmentation des effectifs améliorerait leur capacité à assurer la sécurité des Canadiens.

De plus, 85 % s’entendaient pour dire qu’une réduction du nombre de délinquants qui leur sont confiés améliorerait la sécurité publique.

« Je suis tellement occupé à essayer de garder la tête hors de l’eau que je vais inévitablement manquer quelque chose. J’ai le sentiment que mon intégrité est compromise », a déclaré un participant à l’enquête. « L’argument que de nombreux agents de libération conditionnelle tentent de faire valoir, ce n’est pas simplement que nous sommes surchargés de travail, mais en fait, notre travail a une incidence sur la sécurité publique et nous le prenons au sérieux », renchérissait un agent de libération conditionnelle.

« Nous faisons un terrible travail de préparer les délinquants à reprendre leur place dans la société », concluait un troisième.

Une majorité de répondants (87 %) ont indiqué que la principale raison pour l’augmentation de la charge de travail était l’introduction de nouvelles politiques visant à répondre aux besoins des délinquants ayant des besoins élevés, tels que les délinquants aux prises avec des problèmes de santé mentale, les délinquants autochtones tragiquement surreprésentés dans le système correctionnel fédéral canadien et l’intensification des fonctions des agents de libération conditionnelle en raison des années de rationalisation des services.

Le président national du SESJ, Stan Stapleton, qui représente 1 600 agents et agentes de libération conditionnelle au Canada, a déclaré que bien que de nombreux changements apportés au système correctionnel soient bien intentionnés, leur mise en œuvre est lourde.

« Le SESJ se réjouit des mesures prises en vue d’une réforme correctionnelle utile, telle que le projet de loi C-83 visant à remplacer l’isolement préventif, mais le succès de ces réformes repose de manière disproportionnée sur les agents de libération conditionnelle et autres personnes travaillant en première ligne pour la réadaptation des délinquants », déclarait M. Stapleton.

L’ajout de nouveaux programmes ou la modification des programmes actuels dans un système correctionnel déjà surchargé sans ressources suffisantes pour en assurer le succès, dit-il, met certains employés de la sécurité publique au bord du gouffre et présente des risques potentiels pour les communautés.

« Toute nouvelle réforme doit disposer de ressources et d’effectifs suffisants et le système existant doit être mieux financé pour permettre aux agents et agentes de libération conditionnelle et aux autres membres du personnel de réadaptation de faire leur travail de manière efficace pour assurer la sécurité des Canadiens. »

M. Stapleton a déclaré que les réductions d’effectifs, de programmes et de services dans les établissements fédéraux se faisaient sentir depuis les compressions budgétaires de 2012 dans le cadre du Plan d’action pour la réduction du déficit (PARD), un processus de rationalisation qui a eu des conséquences graves et en cascade pour le système correctionnel fédéral.

Il a déclaré que le SESJ avait fait enquête pour comprendre l’impact des réductions du PARD au cours des sept dernières années - les données de l’enquête et des témoignages personnels indiquant que les réductions ont eu un impact négatif sur les résultats de réadaptation des délinquants et ont accru le risque potentiel pour les communautés canadiennes.30 -

Le Syndicat des employé-e-s de la Sécurité et de la Justice (SESJ)
Le SESJ est un syndicat qui veille à la sécurité des Canadiens tous les jours. Il représente les agents et agentes de libération conditionnelle et de programme, les gens de métier, le personnel de première ligne et les enseignants qui travaillent à l’intérieur et à l’extérieur du système pénitentiaire fédéral. Nos membres soutiennent les opérations quotidiennes de centaines de détachements de la GRC. Au sein de 17 ministères fédéraux du pays, nous protégeons la vie privée et la sécurité des Canadiens et contribuons à l’accès à l’information, à la justice et aux droits de la personne.

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Personne-ressource pour les médias :
Jo Anne Walton
Spécialiste en communication stratégique/SESJ
Tél. : 613.560.4245
courriel : waltonj@psac-afpc.com

Téléchargez le rapport : Protéger la sécurité publique : les défis des agents et agentes de libération conditionnelle dans le système de justice pénale canadien en crise

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